À mesure que la recherche océanographique évolue, les attentes en matière de données évoluent elles aussi. Ce cours propose aux chercheurs en début de carrière un parcours autour de 7 thèmes essentiels et de 21 sujets, adaptés des 23 « Data Things » originaux, afin de les aider à gérer, partager et réutiliser leurs données en toute confiance.
Cours en autoformation sur la gestion des données destiné aux chercheurs en océanographie en début de carrière
Les données façonnent notre monde et nos océans. Alors que nous poursuivons l’étude des océans et que nous mettons en place des projets qui nous ouvriront la voie vers l’avenir, nous devons élaborer des stratégies concernant ces données afin d’assurer leur pérennité et leur réutilisation. Non seulement il s’agit d’une bonne pratique garantissant l’efficacité d’un projet, mais les trois organismes de recherche canadiens s’orientent vers l’avenir en rendant obligatoires les plans de gestion des données, qui constituent désormais des éléments essentiels d’une recherche éthique. L’amélioration de la recherche est le principal moteur de cette formation, car elle permettra d’optimiser les résultats conformes aux principes FAIR.
Le projet « 7 Ocean Data Things » s'inspire des « 23 Data Things » d'Helene Blowers, mais est adapté au contexte des données océanographiques pour les chercheurs en début de carrière. Le projet « 7 Ocean Data Things » est un parcours d’apprentissage autonome qui s’inscrit dans le cadre du programme « Data Champions Early Start » du CIOOS. Il vise à initier les chercheurs en début de carrière à divers concepts liés aux données, allant de notions aussi simples que « Qu’est-ce qu’une donnée ? » jusqu’aux différentes étapes d’un plan de gestion des données !
Bien que ce cours s’inspire des « 23 Data Things », nous l’avons adapté et replacé dans un nouveau contexte destiné aux jeunes chercheurs spécialisés dans l’océan et les thèmes connexes. Nous avons étudié les « 23 Data Things » elles-mêmes, mais aussi différents secteurs, tels que celui de l’industrie maritime, ainsi que de jeunes chercheurs travaillant déjà dans le domaine de l’océan. Nous avons regroupé certaines de ces « choses » afin de rendre notre formation plus efficace, ne conservant que 21 thèmes distincts. Nous avons ensuite divisé ces thèmes en 7 « choses » principales, chacune comprenant 3 modules.
Matériel de cours
Lisez les objectifs pédagogiques ou commencez par la « Chose n° 1 ». À l'intention des enseignants, le « Guide pédagogique » s'appuie sur des recherches consacrées aux facteurs humains dans le partage des données pour proposer des suggestions sur la manière d'intégrer ce tutoriel dans vos plans de cours.
Objectifs pédagogiques
Il s'agit d'un cours en autoformation consacré aux données et à leur gestion dans le cadre de la recherche océanographique. Suivez ces modules pour découvrir les meilleures pratiques qui feront de vous un chercheur en océanographie hors pair.
Des objectifs d'apprentissage ont été définis pour l'ensemble du cours. Si vous remplissez déjà ces objectifs, il est préférable de suivre ce cours dans le but de rafraîchir vos connaissances. Ce cours comprend 7 « Things », chacune étant divisée en 3 modules, soit un total de 21 modules. Cette structure permet à l'utilisateur de choisir les modules qui lui semblent les plus utiles pour son apprentissage. Chaque thème possède ses propres objectifs d'apprentissage, que vous pouvez consulter pour déterminer si les modules qu'il contient constituent une bonne révision de vos connaissances ou s'ils présentent de nouvelles informations à étudier. Il s’agit d’un cours autodirigé, mais il peut également être suivi en groupe avec d’autres chercheurs afin de faciliter les discussions, ou être dispensé sous forme de cours semi-guidé.
Une fois que vous aurez terminé les 7 modules « Ocean Data Things », vous serez capable de :
- Évaluer les besoins en matière de gestion des données de recherche (GDR) et de culture des données, que ce soit dans le cadre d'un problème spécifique lié à la recherche océanographique ou de manière générale.
- Identifier les principales sources de données, les parties prenantes et les outils dans le secteur des données océanographiques.
- Appliquer les principes relatifs aux métadonnées, aux licences et à la gestion des données à un problème lié à la recherche océanographique.
Chose 1 : un océan de données
À la fin de ce « cours », vous serez capable de :
- Définissez la notion de « données de recherche ».
- Élaborer un plan de gestion des données (DMP).
- Comprendre les données géospatiales et géographiques, ainsi que leur contexte dans le secteur océanographique
« Thing 1 » initie les jeunes chercheurs à l'idée que tout peut être considéré comme des données, à condition d'être replacé dans son contexte. Cela signifie que l'ensemble de leurs travaux sur les océans peut constituer des données, et qu'il est important de veiller à ce que ces travaux soient toujours replacés dans leur contexte géospatial. Une fois les données océanographiques replacées dans leur contexte, les principes fondamentaux de la gestion des données sont abordés.
Chose 2 : une plongée plus profonde dans les données océaniques
À la fin de ce « cours », vous serez capable de :
- Décrivez le cycle de vie de la recherche sur les données océanographiques.
- Élaborer un plan de gestion des données (DMP).
- Identifier les principales parties prenantes dans le domaine des données océanographiques.
La partie 2 s'appuie sur le contexte relatif aux données décrit dans la partie 1, en présentant les plans de gestion des données et leur place dans le cycle de vie de la recherche. Enfin, elle aborde les organismes océanographiques et explique comment les identifier et les trouver.
Chose 3 : Pourquoi vos données sont importantes
À la fin de ce « cours », vous serez capable de :
- Mettre en relation les pratiques en matière de culture des données avec un problème lié aux données océanographiques.
- Mettre en place un entretien axé sur les données.
- Utilisez une série d'outils de recherche de données océanographiques
À l'issue des chapitres 1 et 2, les chercheurs devraient avoir acquis une solide compréhension de base de ce que sont les données dans leur contexte, de la manière d'en parler et des moyens d'améliorer leur maîtrise des données. Le chapitre 3 commence à aborder des sujets plus complexes liés aux données, tels que les difficultés que l'on peut rencontrer lorsqu'on cherche à découvrir des données. Enfin, ce chapitre fournit aux utilisateurs les outils nécessaires pour parler des données à d'autres personnes.
Point n° 4 : Partager et se soucier des données océanographiques
À la fin de ce « cours », vous serez capable de :
- Discutez des principes OCAP et CARE dans le cadre de la gestion des données autochtones.
- Expliquer les principes de la gestion active des données et se sentir à l'aise pour commencer à les mettre en œuvre.
- Expliquez l'importance de la conservation et du partage dans la gestion des données de recherche.
- Savoir dans quelles circonstances il convient de restreindre le partage des données océanographiques.
Le point n° 4 porte sur les différents aspects du partage des données. Il met en avant son importance, les bonnes pratiques à adopter pour le gérer et les cas dans lesquels il ne faut pas partager certaines informations. Face à une quantité colossale de données, il est essentiel de poser les bases nécessaires pour comprendre comment protéger, partager et préserver ces données à long terme.
Chose 5 : En route vers les métadonnées
À la fin de ce « cours », vous serez capable de :
- Utiliser des vocabulaires contrôlés pour décrire les données océanographiques.
- Citer correctement un ensemble de données océanographiques.
- Appliquer une licence appropriée aux données océanographiques.
- Présentez les principaux indicateurs utilisés pour évaluer les données océanographiques.
Le point n° 5 traite de la manière de citer correctement les données et aborde les licences à utiliser à cette fin. Il présente ensuite les premiers éléments théoriques qui sous-tendent les métadonnées : les vocabulaires contrôlés.
Chose 6 : Gestion des métadonnées
À la fin de ce « cours », vous serez capable de :
- Créer un schéma de métadonnées.
- Développez votre présence en tant que chercheur spécialisé dans les données dans votre domaine.
- Expliquez en quoi la programmation et la conception de sites web peuvent contribuer, de manière générale, à la réalisation des objectifs de la gestion des données de recherche (RDM).
La partie 6 revient sur les notions relatives aux vocabulaires contrôlés et aborde les métadonnées, c'est-à-dire les données qui décrivent vos données. Elle explique ensuite comment convertir ces données d'un schéma à un autre, en particulier lorsque les schémas présentent des niveaux de précision différents.
Chose 7 : Les outils du commerce des données océaniques
À la fin de ce « cours », vous serez capable de :
- Utilisez un ensemble d'outils dédiés aux données océanographiques pour collecter, nettoyer et analyser ces données.
- Savoir repérer quand les données ne sont pas cohérentes, et comment y remédier
Le module 7 s'appuie sur les connaissances de base en matière de données et de plans de gestion des données que les apprenants auront acquises à ce stade pour aborder en détail certains outils spécifiques dédiés aux données océanographiques, en mettant l'accent sur les outils les plus connus et les plus utilisés.
Guide d'enseignement et d'apprentissage
Pour ceux qui souhaiteraient utiliser ce tutoriel comme support pédagogique dans leur classe, nous avons quelques recommandations, fondées sur la recherche en facteurs humains, afin de faciliter le déroulement de la séance.
1. Participation
La première recommandation consiste à attribuer un pourcentage de la note de participation des étudiants à titre de « cadeau » simplement pour avoir suivi le cours. Nous recommandons entre 3 et 5 %. Cela peut constituer un excellent moyen, sans pression, pour les étudiants d’améliorer légèrement leur note, et offre des avantages immédiats et concrets à la participation au cours — des avantages différés et le fait de ne disposer que de récompenses intrinsèques peuvent en effet freiner l’inscription aux cours. Si vous souhaitez vous assurer qu’ils ont bien suivi le cours, demandez-leur simplement de discuter de l’un des modules ou de rédiger un court texte informel sur un point qu’ils ont appris ou trouvé intéressant.
2. Planification
Notre deuxième recommandation concerne la manière dont ce cours doit être suivi. Pour ceux qui suivent ce cours sous forme de tutoriel en autonomie, le rythme le plus adapté est celui qui leur permet d'assimiler les informations le plus facilement possible. En revanche, si vous enseignez ce tutoriel ou le suivez avec d'autres personnes, nous vous recommandons de prévoir du temps pour ne traiter qu'un module par semaine, d'en assimiler le contenu et d'en discuter avant de passer au suivant.
Nous avons inclus des descriptions détaillées de chaque module, afin de faciliter la compréhension et le choix des modules les mieux adaptés aux besoins spécifiques de chaque personne ou groupe.
3. Célébrer l'échec
Notre troisième recommandation consiste à mettre l'accent sur le renforcement de la confiance et à encourager les erreurs et les « échecs » en les considérant comme des occasions d'apprendre. La question du financement et de la capacité à mener à bien des recherches suscite de réelles inquiétudes lorsqu'un projet est perçu comme un échec. Cela peut entraîner une paralysie décisionnelle et mettre fin à des projets avant même qu'ils ne commencent, par souci de bien faire les choses.
Nous avons constaté que ces mêmes inquiétudes s'appliquent également au partage des données. Certains craignent que les données ne soient diffusées à une échelle trop large, ou qu'une erreur soit commise lors de leur anonymisation ; ils estiment donc qu'il vaut mieux ne pas s'y lancer du tout.
Pour y remédier, nous recommandons de souligner que ce programme les aidera à prendre confiance en eux pour adopter les meilleures pratiques, et qu’il s’agit d’une formation sans aucune pression, un excellent moyen de se familiariser avec les données sans se soucier du résultat. Si des erreurs sont commises, par exemple lors de la création d’un compte ou au cours de l’une des autres activités, elles doivent être considérées comme des occasions d’apprendre.
Plus généralement, le fait de faire évoluer les mentalités pour passer d'une vision axée sur l'échec à une vision valorisant l'apprentissage de nouvelles choses contribuera à atténuer ces problèmes à un niveau scientifique plus large.
4. Mettre l'accent sur ce que l'on sait déjà
Notre dernière recommandation consiste à donner l’impression que le fossé entre les compétences acquises et celles à acquérir est minime. Si l’écart entre ce que les élèves savent déjà faire et ce qu’ils doivent encore apprendre semble trop grand, cela risque de les intimider et de leur ôter tout plaisir d’apprendre.
Cette formation est conçue pour être accessible et facile à comprendre. Elle s'appuie sur les connaissances préalables des étudiants et est divisée en modules faciles à suivre, afin qu'ils puissent choisir ceux qui les intéressent le plus. Les modules abordent très tôt la gestion des données, puis développent progressivement chacune des compétences nécessaires à la mise en œuvre réussie de plans de gestion des données.
Les 7 choses
Chose 1 : un océan de données
Module 1 – À vos marques, prêts, données !
Une première introduction aux données, la plus élémentaire qui soit. Ce module part du principe que le lecteur n'a qu'une expérience limitée des données. Il aborde la notion de données dans le contexte de la recherche océanographique, en fournissant des exemples concrets tirés du domaine de l'océanographie.
Module 2 – Les données océanographiques au service des populations et de l'économie
Ce module établit un lien entre les données et la recherche, et présente les aspects géospatiaux des données océanographiques. Il examine également comment l'océan peut être mis au service des populations et de l'économie.
Module 3 – Introduction à la gestion des données
Cette leçon présentera des étapes concrètes pour intégrer la gestion des données dans les plans de recherche. Elle abordera également le système Portage, notamment en passant en revue certains modèles courants, ainsi que la taxonomie et les métadonnées généralement utilisées dans le domaine de la recherche océanographique.
Chose 2 : une plongée plus profonde dans les données océaniques
Module 4 – Plans de gestion des données
Cette leçon présentera des étapes concrètes pour intégrer la gestion des données dans les plans de recherche. Elle abordera également le système Portage, notamment en passant en revue certains modèles courants, ainsi que la taxonomie et les métadonnées généralement utilisées dans le domaine de la recherche océanographique.
Module 5 – Les données dans le cycle de vie de la recherche
Ce document explique comment les données sont utilisées aujourd'hui, en soulignant qu'on s'oriente désormais vers une approche globale « de bas en haut ». Plus précisément, les données sont considérées comme le fondement et le pivot qu'elles constituent, et sont prises en compte à chaque étape, dès la phase de conception.
Module 6 – Éditeurs et bailleurs de fonds dans le domaine des sciences océaniques
Ce module présente des éditeurs et des bailleurs de fonds spécialisés dans les sciences de la mer, à l’échelle locale, nationale et internationale. Il met en lumière certaines des attentes qu’ils ont envers les futurs chercheurs et encourage les apprenants à mener leurs propres recherches indépendantes sur les organisations susceptibles de les intéresser.
Chose 3 : Pourquoi vos données sont importantes
Module 8 – Entretiens sur les données
Parler le langage des données. Comment aborder le sujet des données avec les autres ? Quel vocabulaire utiliser ? Ce module aiderait les nouveaux chercheurs à se sentir à l'aise pour parler des données et les inciterait à aller vers les autres chercheurs et les membres de leur structure pour échanger sur ce sujet.
Module 9 – Exploration des données
Ce cours prendrait la forme d’un tutoriel pratique visant à enseigner comment effectuer des recherches dans des bases de données spécifiques consacrées à l’océan, ainsi que les conventions linguistiques et de nommage généralement utilisées (opérateurs booléens et autres particularités propres à ces bases de données). Elle abordera également le fait que presque tous les ensembles de données ont des protocoles et des priorités différents, et qu’il n’existe pas de méthode standard pour y accéder ; les chercheurs devront donc réfléchir et planifier la manière dont ils vont accéder aux données.
Point n° 4 : Partager et se soucier des données océanographiques
Module 11 – Partage des données et CARE
Cette leçon passe en revue les avantages et les inconvénients du partage des données, explique comment les anonymiser et identifie les personnes susceptibles de souhaiter que leurs données soient anonymisées. Elle aborde brièvement les principes relatifs au partage des données autochtones et explique pourquoi toutes les données ne sont pas destinées à être partagées. Elle propose des exemples spécifiques aux océans.
Module 12 – Création et conservation des données
Cette leçon présente aux apprenants les deux aspects du stockage des données : la gestion active des données à court terme, pendant le projet, et leur stockage à long terme. Elle mettra l'accent sur les risques de perte ou de difficulté d'utilisation des données si celles-ci ne sont pas gérées activement pendant le projet, ainsi que sur le fait que leurs données issues de la recherche océanographique pourraient rester pertinentes pendant des décennies après leur création.
Chose 5 : En route vers les métadonnées
Module 13 – La culture de la citation
Cette leçon vise à faire comprendre aux apprenants que les données elles-mêmes tirent profit de leur propre citation et attribution, plutôt que d'être simplement regroupées ou résumées dans un rapport de recherche, et à leur montrer comment la citation engendre d'autres citations, renforce la crédibilité, enrichit le corpus de travaux disponibles pour les études de reproductibilité et offre des opportunités de mise en réseau autour de données nouvelles et ouvertes.
Module 14 – Licences d'exploitation des données
Cette leçon abordera les différents types de licences que l'on peut attribuer à ses données, et expliquera que le partage des données et l'octroi de licences relèvent d'un principe d'« opt-in » (adhésion volontaire) et non d’« opt-out » (refus implicite). Le partage ne se fait pas automatiquement ; il convient donc de réfléchir à la manière dont il sera mis en œuvre et d’en tenir compte dans la planification du calendrier et du budget.
Chose 6 : Gestion des métadonnées
Module 18 – Identifiants et données liées
Dans cette leçon, les apprenants devront non seulement créer un profil ORCID, mais aussi apprendre à associer leurs données de recherche à leur nom de publication, et comprendre pourquoi il est important de s'assurer que tout leur soit correctement attribué.
Chose 7 : Les outils du commerce des données océaniques
Financement
Le tutoriel « 7 Ocean Data Things », qui s'inscrit dans le cadre du projet Data Champions, a été financé par : l'Alliance canadienne pour la recherche numérique (DRAC).