Module 2 – Les données océanographiques au service des populations et de l'économie

Ce module replace les données dans le contexte du secteur océanique, en mettant l'accent sur les personnes et l'économie.

Dans notre module précédent

Dans notre module précédent, nous avons souligné que les données sont définies en fonction de leur contexte. Voici le contexte propre aux données océanographiques : toutes les données océanographiques comportent une composante géographique, c'est-à-dire qu'elles sont associées à une localisation, telle que la latitude et la longitude, ainsi qu'à l'emplacement où l'observation a été effectuée dans la colonne d'eau, ou à la profondeur océanique (à la surface, au fond ou à une profondeur intermédiaire). La date à laquelle l’observation a été effectuée (année, mois, jour, heure) revêt souvent une importance particulière pour les données océaniques. Les données océaniques qui ne se rapportent pas à une zone géographique précise sont influencées par la géographie, mais aussi par le temps. Par exemple, la température moyenne standard de l’océan varie en fonction de la géographie de l’océan, notamment de sa position sur la Terre (latitude et longitude), ainsi que de l’heure, du mois et de l’année.

Comprendre et garder cela à l'esprit vous aidera à orienter votre travail sur les données océaniques et à adopter les meilleures pratiques. La géographie peut vous aider à déterminer si les données que vous avez collectées se situent dans les limites des écarts-types, et vous aider à assurer le contrôle qualité de vos données. Si vous constatez que les températures enregistrées sont trop basses pour la saison (puisqu’on est en été) et pour le lieu (situé dans une zone tropicale), vous savez alors que les températures enregistrées posent problème.

En abordant les données océanographiques sous cet angle, on s'assure qu'elles restent replacées dans leur contexte d'origine lorsqu'elles sont utilisées pour soutenir les différents secteurs liés à l'océan.

Dans le module précédent, nous vous avions demandé de :
Réfléchissez à la manière dont les données peuvent orienter les questions de recherche, et inversement, à la manière dont la recherche peut influencer le type de données que vous collectez.

N'oubliez pas :
Toutes les données océanographiques sont des données géospatiales ! Elles doivent donc refléter des aspects géographiques.

Les secteurs océaniques

Les principaux secteurs liés à l'océan sont l'industrie, les communautés autochtones, le monde universitaire, les pouvoirs publics, les organisations non gouvernementales (ONG), les activités polaires et les loisirs. Les données océanographiques peuvent être utiles à l'économie, aux entreprises et aux populations locales ; c'est pourquoi il est important que ces données soient structurées, interopérables et précises, afin de bénéficier au plus grand nombre.

Il existe de nombreuses façons de tirer parti de l'océan pour bâtir un avenir meilleur. Imaginons ensemble ces avenirs uniques !

Commençons par voir quelques exemples d'utilisations possibles des données océanographiques :

  • Comprendre les schémas de migration des poissons et la manière dont la configuration géographique d'une région peut les influencer
  • L'érosion due aux marées et le changement climatique, ainsi que l'évolution de la forme du littoral au fil des ans
  • Comprendre les pertes d'eau et utiliser la géographie pour déterminer où et comment l'eau circule.
  • Comprendre les évolutions du littoral peut aider les gens à mieux appréhender le changement climatique et à prendre des décisions quant à leur lieu de vie et à son niveau de sécurité. Les entreprises peuvent ainsi déterminer s’il est judicieux d’investir et de construire à proximité des côtes, tandis que les nouveaux entrepreneurs peuvent identifier les lieux les plus propices pour tester leurs nouvelles idées et inventions liées à l’océan. C’est là que la maîtrise du LIDAR et des autres outils évoqués précédemment s’avère utile.
  • Comprendre les mécanismes de perte d'eau peut aider les pouvoirs publics et les entreprises à se préparer aux régions susceptibles d'être touchées par la sécheresse et, par conséquent, à l'exode de leur population. Ces connaissances peuvent être mises à profit dans les domaines de l'urbanisme, de l'industrie et des affaires.
  • Les baleines franches constituent un autre exemple. Le gouvernement canadien utilise les données fournies par les planeurs sous-marins pour détecter la présence de baleines franches (une espèce menacée) et mettre en place des mesures telles que la limitation de la pêche, la réduction de la vitesse autorisée dans les voies de navigation, etc. Toutes ces mesures ont un impact sur la population et l'économie !

Ce ne sont là que quelques exemples d'utilisation des données géospatiales dans le domaine océanographique.
En quoi chacun de ces éléments peut-il contribuer au bien-être des personnes et à la croissance économique ?

Découvrez un exemple très concret, accompagné d'une vidéo à la fois ludique et pédagogique.

Dans cette vidéo, vous pouvez constater que cette rivière est un lieu de migration bien connu et un point d’étranglement pour les Grands Lacs, et que l’utilisation de l’électricité permet d’empêcher la carpe, une espèce envahissante, de devenir un problème. Cette exploitation des données géographiques a donné naissance à une station à part entière qui doit être gérée, ce qui génère des emplois dont on aura toujours besoin, notamment pour des biologistes, des ingénieurs électriciens, des fonctionnaires et bien d’autres encore ! La compréhension géospatiale des schémas de migration, de la géographie et de leur impact sur la faune piscicole locale est source d’innovation et de création d’emplois.

Avant de partir ! Pensez à préparer le module suivant :

Avez-vous d'autres idées d'utilisations originales des données océanographiques ? Existe-t-il des opportunités commerciales qui n'ont même pas encore été envisagées ?